Cette année, les parfums ont très nettement joué la féminité … De nombreux Floraux, et la “Fleur d’Oranger” plus précisément. Oui, il est temps de faire de cette matière première, une note profonde, de la considérer comme osée, sensuelle, provocante même. Fini, la fleur de la virginité, de la fraîche Cologne, de la couronne de mariée. Cette fleur dit enfin sa richesse et son ambiguïté. Sa complexité.

Petit retour en arrière. Dans la famille du Bigaradier, on trouve le fruit, la feuille et la fleur. Autant dire que “Tout est bon dans l’Oranger”. De la fleur, on tire une huile essentielle nommée « Néroli » que l’on distingue d’un autre nectar extrait par l’intermédiaire d’un solvants organiques et que l’on appelle “absolue”.

En résumé, une fleur, deux “essences”, le néroli et l’oranger absolue. Deux produits qui n’ont pas du tout la même composition et de fait pas la même portée; deux parfums différents. Autant le néroli est « zesté », frais, « vert », et convient à l’accord vif de la Cologne; autant l’absolue est rond, profond, animalisé, presque « sexuel ». N’est-ce pas stupéfiant de découvrir ce que produit la nature ?


Dans notre domaine qu’est l’art du parfum, de nombreux artistes ont cette année été inspirés:

Carlos Benaïm et Anne Flipo ont créé “Libre” pour femme Yves Saint laurent, une fleur d’oranger légèrement zestée, fruitée, aérienne, soutenue par une autre fleur blanche, le Jasmin, et à peine douce, miellée et musquée. Mais Dominique Ropion avait ouvert le bal avec “L’interdit” de Givenchy, une étude à la fois audacieuse (un excès d’anthranilate de methyle) et d’une perfection toute personnelle. Une diffusion époustouflante. Ces deux parfums remarquables ne doivent pas nous faire oublier les intemporels, le “Jean Paul Gaultier classique”, très doux et gingembre ainsi que “Cinema” d’Yves Saint Laurent du même Jacques Cavalier.

Eternelle Fleur d’oranger sans cesse revisitée.

 

 

 

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